Texte quelle rencontre




Et parce que c'est difficile, c'est l'indice de quelque chose de très précieux. Quand nous sommes tout à fait satisfaits de la lecture du texte tel qu'il vient, nous n'apprenons rien, c'est l'indice que nous ne sommes pas véritablement au texte. C'est là où ça crisse, où il y a une difficulté, que se cache l'essentiel. J-M M: L'opposition dont il est question dans le texte n'est pas l'opposition de la soif d'eau matérielle et de la soif spirituelle, c'est l'opposition entre le mode de vivre samaritain et le mode de vivre de la vie nouvelle.

Il ne s'agit pas de l'opposition entre l'eau qui serait H 2 O et l'eau métaphorique qui serait l'Esprit Saint. La différence concerne l'eau identifiante: C'est une opposition entre le natif humain et ce qui appartient à l'espace de la nouvelle naissance. Et ce n'est pas une opposition, c'est quelque chose qui entre dans un rapport tel que ça exclue des choses et que ça en conforte d'autres.

Le rapport de la nouveauté christique par rapport à l'ancienneté est un rapport complexe: Nous venons de parler du thème de l'eau. L'autre thème de tout ce passage c'est celui du don. Le mot de don est un mot essentiel chez Jean. C'est le mot le plus grand. Mais il faut bien comprendre que nous ne savons absolument pas ce que veut dire le don. Ne jamais oublier cette étrange parole de Jésus au chapitre Le don en question s'avance en préparant ce qui est susceptible de le recueillir, c'est-à-dire en constituant l'homme en posture de demande.

Autrement dit, la demande est déjà prodrome du don. Nous ne sommes pas dans les méandres psychologiques d'un désir qui voudrait bien, puis qui se formule, puis qui demande, qui fléchit l'interlocuteur pour telle ou telle raison, parce qu'il est généreux ou parce qu'on lui fait du chantage au sentiment, etc.

Il y a toutes ces choses dans l'usage quotidien du don. Ceci ne nous apprend rien sur ce que veut dire donner dans l'Évangile où le don n'est pas à la mesure de notre désir ni de notre pensée. Le thème des maris. Nous arrivons au thème des maris qui n'est pas sans poser de problèmes.

La réponse à: Qu'est-ce que ça vient faire là? Le moment décisif est donc ce moment où Jésus la renvoie à elle-même, à se dire à elle-même ce qu'il en est d'elle-même, et elle le dit à peine du reste, mais elle le dit quand même: Ce qui est plein, ce qui est saturé, ne peut pas recevoir. Il faut du vide pour recevoir. La confession du manque est quelque chose d'essentiel: Jésus lui-même dévoile son secret: On l'entend souvent comme une parole de condamnation: Lisons le texte. La femme, aussitôt, va appeler les autres et dit: C'est nous qui injectons cette signification, éventuellement parce que nous sommes ennuyés par la parole de Jésus.

Une parole qui est entendue comme une parole libérante, et donc comme une parole de pardon? Il y a là quelque chose de très important à méditer. Ici cela permet à la femme d' avouer le manque, ce qui est le premier élément d'une ré-identification possible: C'est ici la phrase à laquelle je faisais allusion au verset 12 en disant que je serais tenté d'interpréter les 5 maris, comme les 5 livres du Pentateuque qui n'est pas une nourriture suffisante tant qu'il n'y a pas l'eau nouvelle, l'eau vive. Mais Jésus est et n'est pas le prophète. En un sens oui, Jésus est le nouveau Moïse, mais pas au sens où l'attend celle-ci, donc nous sommes encore dans la méprise, même à propos du même mot.

Ensuite, la question sera reprise à propos du Messie, du Roi oint qu'attendent les Judéens. C'est l'autre attente.

Jésus est-il ce Roi messie? Oui et non. Non pas au sens où, probablement, elle le conjecture, et pourtant Jésus dira: Identification par le lieu. Où faut-il adorer? Entre-temps, il y a eu un autre thème initié par la Samaritaine elle-même: En effet, un débat s'est ouvert en elle entre la revendication de son identité de Samaritaine et le soupçon que cet homme rencontré n'est peut-être pas seulement un Judéen, mais qu'il est peut-être un prophète ou le Messie qu'attendent les Judéens: Et ce doute est très important, très profitable, dans le cheminement par rapport à la méprise initiale.

Elle pense en effet au départ qu'il est peut-être plutôt judéen, ce qui est une erreur. Jésus n'est pas judéen, non pas du tout parce qu'il serait nazaréen, il n'est pas judéen parce qu'il n'est pas identifié en vérité quand il est identifié comme judéen: Jésus n'est pas ressuscité judéen juif. Lire saint Paul, par exemple: Cette question est une question d'identification par le lieu: Quel est le lieu axial? Quel est le lieu sacré? À quelle tradition, à quelle source faut-il se référer?

Ce n'est pas une question qui paraît importante aujourd'hui et pour moi c'est une question tout à fait première. Aujourd'hui, on prend une bribe de phrase posée n'importe où, et puis on la pose en soi, et puis elle fait ce qu'elle veut! Les paroles parlent à partir d'une bouche, telle bouche parle. Autrement dit une parole est référée à un lieu. Elle a son sens dans ce lieu. Et les erreurs sont plutôt des errances, c'est-à-dire qu'une erreur est une vérité déplacée, une vérité qui n'est pas dans son lieu et qui peut devenir à la limite perverse si elle n'est pas dans son lieu.

C'est le même problème que celui de l'intitulé de Pilate: Il y a des réponses à cela. Le pire serait de passer sur le texte sans apercevoir qu'il y a problème mais ce n'est pas mon problème d'aujourd'hui. La question de la Samaritaine est une question topographique: Elle avait posé la question: La réponse est: Ainsi le Christ lui dit que le lieu où il faut adorer n'est pas un troisième lieu. Ce lieu est un non-lieu par rapport aux lieux repérables de notre cartographie.

Ce qui se joue ici, c'est la symbolique du lieu nouveau. Repenser l'adoration, la prosternation.

Le pneuma est donc le lieu en quoi s'accomplit la posture essentielle de l'adoration. Le mot adorer n'est pas une bonne traduction, il vient du latin adorare. Dans le grec c'est proskunêsis , avec la symbolique du genou, et dans l'hébreu sous-jacent la racine sémitique est kâra , qui signifie la prosternation. Se prosterner devant qui? Devant le Père, sans doute.


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Et se prosterner dans le pneuma signifie se prosterner dans la donation. En effet nous avons vu: Or, l'eau vivante, c'est le pneuma, Jean le dit explicitement au chapitre 7. Et qu'est-ce que le pneuma? C'est le pneuma de Résurrection, c'est-à-dire de naissance nouvelle. Ceci nous invite à re-penser la prosternation l'adoration comme autre chose que ce qui irait vers l'anéantissement du "je".

Il n'y a pas à distinguer des prières d'adoration devant l'immense grandeur de Dieu et des prières d'action de grâce pour son don. Car la grandeur de Dieu est de donner et rien d'autre. Or, donner, c'est recevoir, et recevoir, c'est restituer, c'est verser comme on peut le lire en Jn 7, Si cette prière-là peut venir en nous, c'est parce qu'en nous et en tout homme il y a semence de pneuma qui est l'insu de nous-mêmes: Apparaît la notion de vide: Nous avons ici un vide qui n'est pas de l'affliction, mais qui est de la constitution de l'éternelle respiration entre le Père et le Fils.

Le verbe donner nous conduit au plus intime de ce que veut dire Dieu par la méditation de la Trinité et nous donne le sens même de la mort christique qui n'a pas d'autre sens que cette donation. Pneuma et vérité. Et nous avons ici l'hendiadys: Cela veut dire que le pneuma et la vérité désignent le même. Et l'indication que je donne habituellement, c'est de penser pneuma, royaume et vérité comme le même.

Évidemment, ce sont des mots qui, dans notre discours spontané, sont totalement disparates, ils n'appartiennent pas au même registre. Si nous continuons à les entendre dans le champ de signification qu'ils ont chez nous, nous ne les entendons pas. Il s'agit de les entendre à partir de l'insu de la même réalité fondamentale qui se donne à entendre sous trois dénominations, trois noms.

Je rappelle d'autres expressions: Voilà trois expressions qui montrent comment fonctionne l'hendiadys. Le verset 23 nous oblige d'une part à repenser le pneuma dans le contexte de l'identification du lieu d'où? Voilà le lieu sourciel à partir de quoi il faut repenser les mots, les mots essentiels, les vocables essentiels de l'Évangile. Jésus n'est rien de tout cela, mais aussi il est cela: Le thème de la nourriture.

Les disciples sont de retour.

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La dernière phrase est étrange: En réalité, elle signifie que la nourriture est un des noms de la vie, de ce qui tient en vie, de ce qui garde l'essence de la vie. Nous disons parfois: Quand il dit: Ce n'est pas développé dans le texte à propos de la boisson, mais c'est développé à propos de la nourriture et donc c'est la même chose. Une remarque à propos de l'expression faire la volonté: On pense trop souvent que le laisser-faire, c'est passif. Mais prenons l'exemple de la poésie puisque le mot poésie vient du verbe poïeïn: Donc ici faire la volonté de Dieu est à entendre au sens d'un laisser s'accomplir, ce qui rejoint ce que nous avons dit: Cette expression faire la volonté de Dieu se trouve dans l'énoncé du Notre Père.

Nous disons "que ta volonté soit faite", mais le verbe faire ne se trouve pas dans le grec d'origine. Le verbe grec gignesthaï, qui s'y trouve et qui est traduit par faire, n'a jamais le sens de fabriquer mais signifie: L'allemand lassen est pour cela très intéressant: Semeur et moissonneur. Jésus à nouveau va révéler quelque chose aux disciples en changeant leur regard. On a la distinction d'une vue courte d'une vue basse et d'une vue d'en haut. Naître d'en haut, c'est aussi voir d'en haut.

Je vous le dis, levez les yeux, les champs sont déjà blancs, prêts pour la moisson donc c'est maintenant. La vue basse dit: C'est très important pour la conception johannique du temps. La fatigue du chemin, la fatigue du Christ est un thème important. Comme je l'ai dit le verbe "fatiguer" ne se trouve que deux fois chez Jean, au début et à la fin de ce récit. Autrement dit, Jean fait un rappel. Et nous avions dit que la fatigue c'est la passion car il est la sixième heure, l'heure du commencement de la passion du Christ.

La semaille et la moisson c'est la même chose, mais c'est la même chose dans une différence: Comme du reste, pour la même raison, l'Ancien Testament et le Nouveau Testament, c'est la même chose, avec cette différence que tout le Nouveau Testament est séminalement dans l'Ancien, et que l'Ancien est sur mode manifesté et accompli dans le Nouveau: Je ne dis pas que c'est le seul mode d'approche de l'Ancien Testament, libre à d'autres de l'approcher d'autres manières.

C'est le mode christique d'aborder l'Ancien Testament, et je ne lis l'Ancien Testament, pour ma part, jamais autrement. Et le mot important c'est homou: Pour lire un texte c'est la même chose. On peut lire ce texte pour entendre ce qu'il a l'air de donner à notre vue basse, c'est-à-dire on peut conjecturer la factualité, ce qui est emprunté à l'Ancien Testament comme formulation, ce que dit un geste, une heure, un chiffre, un temps, une attitude parce qu'elle serait factuellement comme cela ; on peut se poser ces questions, c'est encore la vue basse.

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Or la volonté du texte est annoncée au moins à deux reprises dans l'évangile de Jean: Tant que je n'entends pas ce texte comme une parole qui me donne ici et maintenant de vivre, en fait je ne suis pas dans l'écoute du texte. Je suis ailleurs, je me pose des questions à propos du texte, j'essaye de…, je ne suis pas dans l'écoute que le texte veut. Je parle ici de la volonté du texte , c'est une expression qui peut paraître étrange. Nous avons déjà vu la volonté de Dieu. Il faut apprendre que la volonté signifie l'essence secrète de la chose, et l'essence secrète du texte est accomplie quand je l'entends de telle sorte que je vive.

Mais nous ne savons pas véritablement ce que veut dire vivre. La venue vers Jésus des gens de la ville. La femme a convoqué la ville et les gens viennent vers Jésus. Et le dire de la femme est alors transformé en voir: Quelques remarques sur l'ensemble du récit. Le malentendu natif.

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Dans tout le dialogue, tout le débat, la Samaritaine et Jésus sont apparemment entrés dans la plus grande méprise. En tout cas, la Samaritaine se méprend sur ce qu'il en est de Jésus. Et néanmoins ils sont ensemble, ils sont dans une proximité qui n'est pas seulement la proximité locale.

Ils sont loin, mais d'un éloignement qui est pour être près. On a un cheminement progressif. La Samaritaine le prend d'abord pour un Judéen, ce qu'il n'est pas. Chemin faisant, elle pense qu'il est peut-être bien le prophète que les Samaritains attendent. Qu'il soit le prophète, sans doute, qu'il soit le prophète que les Samaritains attendent, non: Puis elle pense qu'il est peut-être le Christos, le Roi-Messie que les judéens attendent, ce qu'il est et ce qu'il n'est pas, au sens où les Judéens l'attendent, mais ce qu'il est néanmoins et c'est là qu'il dit: Et enfin elle le confesse, avec toute la ville venue se rassembler autour de Jésus, comme sauveur du monde, ce qui est son nom propre: Yeshoua c'est-à-dire Sauveur.

Nous avons ici une longue recherche dans laquelle néanmoins, dès le principe, il y a cette présence. Cela est très important parce que je ne sais jamais, d'expérience, quelle est la semence ou l'essence de ce que je vis, de ce que je pense. L'étude rétrospective éclaire ce qui a été un cheminement. Ce récit c'est l'histoire de l'humanité tout entière. En effet, c'est récapitulé à la fin comme le rapport de la semence à la moisson.

L'histoire de l'humanité, c'est de l'alpha à l'oméga, du séminal à la moisson. Le thème de la moisson comme celui du festin nuptial à Cana sont des thèmes d'eschatologie, d'accomplissement. Il y a toute cette distance et tout ce chemin. D'une certaine façon, toute la vie prépascale des disciples est aussi un immense malentendu, demeure dans le "non pleinement entendu".

Il y a là quelque chose de très précieux car il faut dire que le malentendu n'est pas seulement négatif, le malentendu est notre première façon d'entendre. Entendre c'est toujours chez nous corriger un malentendu. Nous sommes nativement dans le "mal-entendu". On se plaint beaucoup de ce qu'il n'y ait pas de communication: Bien sûr. En fait on devrait plutôt s'étonner qu'il arrive parfois qu'on entende un peu quelque chose. Nous sommes nativement tellement crispés! Nous ne sommes pas spontanément ouverts, jamais suffisamment ouverts.

C'est notre structure. Je ne fais pas ici une critique de l'égoïsme, je parle de l'égoïté, c'est-à-dire de la structure même de l'être je telle que nous en héritons nativement. C'est pour cela que l'unité des hommes est totalement à faire, elle n'est pas présumée d'avance comme une chose faite. Donc le chemin vers "entendre" procède à partir du malentendu qui est une forme provisoire, une forme première dans le temps, notre première façon d'entendre. La soif de Dieu.

Je crois qu'il faut lire dans la Samaritaine la même soif que ce dont a soif Jésus sur la croix, et ce n'est franchement pas de vinaigre, pas de Pouilly non plus! Ce n'est pas la qualité de la boisson qui est en question. C'est la grande soif que Dieu a de toujours de l'humanité, soif d'accomplir l'humanité, de la libérer, de la donner à elle-même. Il s'agit sans doute de la grande fatigue de Dieu depuis le début du monde, et il en a… Et on peut penser peut-être qu'il existe quelque part un désir plus grand que toute fatigue, ça pourrait être divin. Votre remarque c'est: Mais si, il le dit pleinement parce que Jésus a soif de l'humanité représentée par la Samaritaine et comme elle le reconnaît, du même coup elle répond à sa soif profonde.

Il ne s'agit pas de dire: La grandeur de la dimension que nous évoquons est dans le petit de l'épisode.

La rencontre avec la Samaritaine, Jn 4, 3-42, texte de base.

Savoir lire le grand dans le petit, c'est cela la tâche d'une véritable lecture du Nouveau Testament. Lire le grand dans le petit, c'est voir le fruit dans la semence. Or en général nous ne le faisons pas, nous contemplons la semence, le fruit n'est pas encore là, nous ne le voyons pas. J'arrive enfin: J'étais au milieu de ma seizième année.

Sans être ce qu'on appelle un beau garçon, j'étais bien pris dans ma petite taille, j'avais un joli pied, une jambe fine, l'air dégagé, la physionomie animée, la bouche mignonne, les sourcils et les cheveux noirs, les yeux petits et même enfoncés, mais qui lançaient avec force le feu dont mon sang était embrasé. Malheureusement je ne savais rien de tout cela, et de ma vie il ne m'est arrivé de songer à ma figure que lorsqu'il n'était plus temps d'en tirer parti. Ainsi j'avais avec la timidité de mon âge celle d'un naturel très aimant, toujours troublé par la crainte de déplaire.

Craignant donc que mon abord ne prévînt pas en ma faveur, je pris autrement mes avantages, et je fis une belle lettre en style d'orateur, où, cousant des phrases de livres avec des locutions d'apprenti, je déployais toute mon éloquence pour capter la bienveillance de madame de Warens. J'enfermai la lettre de M. C'était le jour des Rameaux de l'année Je cours pour la suivre: Je dois me souvenir du lieu, je l'ai souvent depuis mouillé de mes larmes et couvert de mes baisers.

Que ne puis-je entourer d'un balustre d'or cette heureuse place! Quiconque aime à honorer les monuments du salut des hommes n'en devrait approcher qu'à genoux. C'était un passage derrière sa maison, entre un ruisseau à main droite qui la séparait du jardin et le mur de la cour à gauche, conduisant par une fausse porte à l'église des cordeliers. Prête à entrer dans cette porte, madame de Warens se retourne à ma voix.

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